Il y a un moment où j’ai dû regarder OpenFlow avec plus de lucidité, et peut-être moins d’idéalisme.
Pas pour renier ce qui a été posé au départ.
Mais pour reconnaître que ce qui était juste à un moment pouvait devenir insuffisant à un autre.
Pendant longtemps, j’ai porté l’idée que si l’intention était claire, si l’espace était bienveillant, si la confiance était là, alors les choses se mettraient naturellement en place.
Et en partie, cela a été vrai.
Mais en 2025, quelque chose a changé.
Le projet a grandi.
Les attentes aussi.
Les zones de flou ont commencé à peser.
Pas forcément de manière visible, mais de manière diffuse.
Je sentais une fatigue.
Chez moi.
Parfois chez d’autres.
Et surtout, je sentais que l’absence de cadre clair devenait, paradoxalement, une source d’insécurité.
C’est là que j’ai commencé à comprendre que structurer n’était pas forcément trahir.
Que poser un cadre n’était pas nécessairement rigidifier.
Que dire “voilà comment on fonctionne” pouvait être une forme de soin.
Nous avons alors commencé à faire des choix qui, pour moi, relevaient clairement d’une énergie plus yang.
Mettre une participation financière.
Définir plus clairement les espaces.
Inviter chacun à se positionner.
Créer un conseil de direction.
Tout cela n’allait pas de soi.
Une part de moi craignait que ces décisions ferment des portes.
Qu’elles excluent.
Qu’elles dénaturent l’esprit d’ouverture.
Mais une autre part sentait que sans cela, le projet risquait de s’épuiser.
De rester dans un entre-deux confortable, mais peu transformant.
Ce que j’ai appris, c’est que le cadre n’est pas l’ennemi du vivant.
L’absence de cadre peut l’être tout autant.
Un cadre juste ne dit pas aux gens quoi penser.
Il ne force pas l’engagement.
Il clarifie le terrain.
Il permet à chacun de sentir :
“Est-ce que j’ai envie d’être là ?
Est-ce que c’est juste pour moi, maintenant ?”
Et cela change profondément la qualité de présence.
Je me rends compte aussi que cette structuration m’a demandé de travailler mes propres ombres.
Mon rapport à l’autorité.
À la décision.
À la peur d’être perçu comme trop ferme, trop exigeant, trop direct.
Il m’a fallu accepter que tout le monde ne suivrait pas.
Que certains partiraient.
Que d’autres resteraient différemment.
Et c’est inconfortable.
Mais c’est aussi une forme de maturité.
Je commence à voir que le flou protège parfois l’égo.
Alors que le cadre engage la responsabilité.
Un cadre clair n’empêche pas la liberté.
Il la rend possible.
Et surtout, il me rappelle quelque chose d’essentiel :
un projet qui parle de conscience ne peut pas se permettre d’éviter ses propres zones d’ombre.
Structurer sans trahir : poser un cadre juste (Partie 8)