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Entreprendre autrement : danser entre le yin et le yang (Partie 7)

Quand le doute devient chemin - Partie 7. Et si le malaise de nombreux projets venait d’un déséquilibre énergétique ? À travers le prisme du yin et du yang, je questionne les excès de l’économie classique, ceux des projets alternatifs, et la nécessité d’intégrer les ombres de nos projets — à commencer par celles de leur source.
25 janvier 2026 par
Olivier Wenin OpenFlow
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À force d’observer ces dynamiques — en moi, chez les autres, dans OpenFlow — une autre question s’est imposée naturellement.   

Et si une partie de nos difficultés venait de la manière même dont nous concevons les projets entrepreneuriaux ?

Dans l’économie classique, la plupart des projets sont clairement yang.

Ils sont orientés vers l’action, la croissance, l’impact visible, la performance, les objectifs à atteindre.

Décider, produire, mesurer, optimiser.

Avancer.

Ce yang a permis énormément de choses.

Il a construit des infrastructures, des innovations, des systèmes efficaces.

Mais dans beaucoup de cas, ce yang est allé trop loin.

Il est devenu excessif.

Quand le yang est en excès, il écrase le vivant.

Il confond vitesse et justesse.

Il transforme la pression en norme.

Il valorise l’efficacité au détriment du sens.

À l’inverse, ces dernières années, j’ai vu émerger beaucoup de projets que je qualifierais de yin.

Des projets centrés sur l’écoute, la relation, la lenteur, l’intuition, la sensibilité, la conscience.

Des espaces bienveillants, inclusifs, accueillants.

Des projets qui veulent réparer ce que le yang excessif a abîmé.

Et là aussi, quelque chose m’interpelle.

Car le yin peut lui aussi tomber dans l’excès.

Un yin en excès devient flou.

Il évite les décisions.

Il repousse les cadres.

Il confond accueil et absence de structure.

Il privilégie le ressenti au détriment de la responsabilité.

Dans ces cas-là, les projets stagnent.

Ils deviennent amorphes.

Ils attirent, mais ne transforment pas.

Ils offrent un espace, mais pas toujours un mouvement.

C’est là que la notion taoïste m’aide énormément.

Le Tao ne choisit jamais un pôle contre l’autre.

Il cherche l’intégration.

Le yin et le yang ne sont pas des opposés ennemis.

Ils sont des polarités complémentaires.

Un projet vivant n’est ni purement yang, ni purement yin.

Il respire entre les deux.

Quand je regarde OpenFlow avec ce regard-là, je vois clairement sa nature.

OpenFlow est, à la base, un projet profondément yin.

Un espace d’accueil.

D’écoute.

De reliance.

De maturation intérieure.

Et c’est juste.

C’est même sa force.

Mais si ce yin n’est pas soutenu par du yang intégré, il s’épuise.

Il devient flou.

Il laisse trop de place à l’indécision.

Il repose trop sur la bonne volonté implicite.

Et je sens que c’est exactement là que se joue une partie de mes tiraillements.

Parce que moi-même, je porte ces deux énergies.

Une part de moi aime laisser émerger.

Ne pas forcer.

Faire confiance au mouvement.

Une autre part sait qu’un cadre clair est aussi une forme de soin.

Que poser une limite n’est pas une violence.

Que décider, parfois, protège plus qu’il n’abîme.

Si je regarde honnêtement, une partie de mon chemin en 2025 a été d’oser remettre du yang dans un projet très yin.

Structurer.

Clarifier.

Nommer des espaces.

Proposer une participation financière.

Inviter les personnes à se positionner.

Créer un conseil de direction.

Tout cela, ce sont des mouvements yang.

Et longtemps, j’ai craint que ces choix trahissent l’âme du projet.

Aujourd’hui, je commence à voir les choses autrement.

Ce n’est pas le yang qui trahit le yin.

C’est le yang inconscient.

Un yang mature ne domine pas.

Il soutient.

Un cadre clair peut sécuriser.

Une décision posée peut libérer.

Une limite assumée peut redonner de l’élan.

Et je réalise quelque chose d’important :

si je veux que le projet intègre ses polarités, cela commence par moi.

La source d’un projet donne le ton.

Si je fuis certaines décisions, le collectif les portera à ma place, souvent de manière plus confuse.

Si je n’intègre pas mon propre yang, le yin du projet s’en trouvera fragilisé.

Entreprendre autrement, pour moi, commence là.

Non pas en cherchant le modèle parfait.

Mais en observant honnêtement où une énergie manque.

Et en osant la réintégrer, doucement, consciemment.

C’est un chemin.

Et il est loin d’être terminé.

Olivier Wenin OpenFlow 25 janvier 2026
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