Bonsoir à toutes et à tous,
Merci d’être là ce soir.
J’ai envie de profiter de ce moment pour vous dire quelques mots sur OpenFlow, et surtout pour faire le lien avec le thème de la conférence de ce soir :
“Et si la Terre nous parlait ?”
Parce que, finalement, ce que nous explorons chez OpenFlow rejoint profondément cette question.
Chez OpenFlow, notre mission est de nous réunir pour contribuer à une économie plus harmonieuse.
Pourquoi agissons-nous à cet endroit-là ?
Parce que les personnes qui rejoignent OpenFlow ressentent qu’il y a des fractures: des fractures écologiques, sociales, économiques… et aussi une forme de fracture intérieure, dont la société n’ose jamais parler, et qui pourtant nous gouverne .
Qui dit fracture, dit dysharmonie.
Ce que beaucoup ressentent aujourd’hui, c’est que les tensions augmentent, que les polarités se durcissent, que les extrêmes prennent de plus en plus de place, que ce soit dans le climat, dans les relations humaines, dans la politique… et parfois aussi dans nos propres vies.
Face à cela, il est évidemment possible d’agir en dénonçant, en s’insurgeant, en militant, en essayant de corriger ce qui est visible, et cela a toute sa légitimité, nous le respectons.
Mais pour les personnes qui rejoignent OpenFlow, c’est à un autre niveau que nous nous positionnons. Il y a l’intuition que si l’on veut agir de manière plus structurelle, plus profonde, il est important, voire indispensable d’aller voir ce qui se passe en soi, car, selon nous, le monde est à l’image de nos propres tensions intérieures: de notre égo, de nos peurs, de nos ombres… A vouloir supprimer un système pour un autre meilleur, sous la bannière du bien, n'entre-t-on pas en croisade et n'entretien-t-on pas ce que l'on repousse ?
Chez OpenFlow, nous avons donc choisi de faire un pas de côté.
De créer des espaces où l’on peut s’arrêter, prendre du recul, observer, ressentir, et prendre conscience des dysharmonies, non seulement autour de nous, mais aussi en nous, et de ce que cela vient toucher.
Nous en sommes là parce que, au fil de nos recherches, de nos expériences, de nos rencontres, de nos parcours, nous nous rendons compte que le monde est à notre image, et que nos projets, nos actions, nos organisations sont profondément influencés par qui nous sommes.
Cela amène aussi une forme de responsabilité, non pas pour se culpabiliser, mais pour reconnaître que si l’on veut faire évoluer les choses, cela passe d’abord par un travail sur soi.
Nous vivons dans une société qui valorise énormément la croissance, comme si tout devait toujours aller dans une seule direction, alors que tout dans le vivant fonctionne par cycles.
Le jour et la nuit, les saisons, la naissance et la mort, les phases d’expansion et de repli…
Et si nous étions aujourd’hui à une extrémité d’un cycle ?
Et si les extrêmes que nous observons à l’extérieur étaient aussi le reflet de nos propres extrêmes intérieurs — burn-out, perte de sens, déconnexion de soi ?
Dans OpenFlow, nous explorons donc une voie qui consiste à travailler sur ces dysharmonies, à la fois en soi et autour de soi, en prenant le temps de regarder ce qui nous met en tension, ce qui nous dérange, ce qui nous révolte, et en se demandant ce que cela vient révéler de nous.
Nous sommes une communauté de citoyens, d’entrepreneurs, de dirigeants, qui sentent que réaliser des projets de transition est important, mais que cela commence par soi, se vit ensuite dans le collectif, et peut enfin s’incarner dans des projets concrets.
La notion d’harmonie et de dysharmonie est centrale pour nous, avec cette conscience que le monde est fait de polarités, qu’il n’y a pas de lumière sans obscurité, pas de bonheur sans difficulté, et que l’enjeu n’est pas d’éradiquer un pôle, mais d’apprendre à trouver une forme d’équilibre, une voie du milieu.
Chez OpenFlow, cela nous amène à créer des espaces où l’on peut regarder ce qui se joue collectivement, où l’on prend le temps d’observer les tensions entre nous, de reconnaître nos parts de responsabilité, et de comprendre ce qui fait que ces tensions émergent.
Non pas pour les éviter ou les lisser, mais pour apprendre à les traverser autrement, avec plus de conscience, plus de recul, et, petit à petit, plus de justesse dans la manière d’être ensemble.
Nous explorons aussi l’importance de l’authenticité et de la vulnérabilité.
Nous venons d’un monde entrepreneurial qui valorise beaucoup la force, la maîtrise, la performance, et nous redécouvrons progressivement que nos doutes, nos peurs, nos fragilités, nos intuitions font aussi partie de notre humanité, et que le fait d’apprendre à danser avec cela donne plus de robustesse, de résilience, de sérénité.
Et j’ai envie de préciser quelque chose d’important ici.
Nous ne parlons pas de faire de la thérapie de groupe avec ces notions d'harmonie, et d'authenticité.
Ce n’est pas cela l’intention.
Mais en même temps, comment est-ce possible qu’aujourd’hui, en 2026, dans nos entreprises, nous n’osons pas dire quand ça ne va pas ?
Quand c’est dur au travail.
Quand on a des difficultés dans sa vie personnelle.
Quand on ne se sent plus aligné avec ce qu’on nous demande.
Quand le sens n’y est plus.
Quand on ne se sent pas écouté.
Aujourd’hui, de nombreuses études montrent que la santé mentale est en fort déclin dans nos sociétés, et en particulier dans les entreprises occidentales.
Et pourtant… nous continuons comme si de rien n’était.
Est-ce qu’il n’y a pas là une forme de non-assistance à personne en danger ?
Chez OpenFlow, nous ne faisons pas de la thérapie.
Nous essayons simplement de réapprendre quelque chose de très simple, de très humain, qui devrait être naturel dans les organisations : oser s’écouter. Oser se dire. Oser se raconter. Dans le respect de chacun.
Et si quelqu’un n’a pas envie de parler, il ne parle pas. Il n’y a aucune obligation.
Mais les espaces existent, pour permettre cette reconnexion à quelque chose de profondément naturel.
Et vous verrez que dans les peuples racines, dont Frederika va nous parler ce soir, ces espaces-là existent depuis toujours, et nous nous en sommes éloignés
Nous avons aussi cette conviction que chacun naît avec des talents uniques, et pas uniquement des compétences, mais aussi des talents de cœur telles que la capacité d’écoute, la présence, la sensibilité, l’humour, la manière de créer du lien.
Or, dans nos entreprises, ce sont surtout les compétences mentales qui sont valorisées, et beaucoup moins ces dimensions plus subtiles, alors qu’elles sont essentielles dans un collectif, dans une entreprise.
Chez OpenFlow, nous essayons donc de créer des espaces qui permettent à ces talents de cœur d’émerger, avec l’idée que chacun a une place à prendre dans le collectif, et que cela redonne du sens et de la joie. Pour cela nous pratiquons des outils tels que l'énnéagramme, les principes sources, la spirale dynamique, ...
Nous apprenons également à cultiver le “nous”, parce que dans un monde devenu complexe, incertain, parfois déroutant, il devient essentiel de tisser des liens, de pratiquer la reliance, de reconnaître qu’il n’y a pas une seule solution, mais une multiplicité de chemins qui émergent de la rencontre et de l’expérimentation. Nous parlons de pratiquer l’intelligence collective, et des formes de gouvernance plus participatives.
Nous questionnons aussi notre rapport au “prendre”, dans un monde où l’on extrait beaucoup — des ressources, de l’énergie, de l’attention — et nous réexplorons la polarité du “donner”, non pas comme un acte de faiblesse, mais comme un mouvement profondément humain, qui passe aussi par la capacité à donner du temps, de l’attention, de la présence… et à exprimer ses besoins. Comment fonctionnerait une organisation basée sur un meilleur équilibre du donner – recevoir ? Là où toutes nos entreprises expérimentent l’art du chacun pour soi, et du « prendre » pour se sécuriser d’abord ?
OpenFlow est donc, en quelque sorte, un laboratoire vivant, un espace où nous expérimentons de nouvelles manières d’être, de faire, de coopérer, avec cette intuition que le problème principal n’est peut-être pas uniquement l’état du monde, mais notre manière d’être dans le monde.
Alors, concrètement, comment faisons-nous ?
Nous créons des moments, des espaces, des rencontres, qui permettent de prendre conscience de ce qui se joue autour de nous et en nous, et à partir de là, nous faisons émerger des projets, des élans, qui contribuent, à leur manière, à plus d’harmonie.
Et alors, pourquoi cette conférence ce soir ?
Il y a deux ans, je suis tombé sur le livre de Frederika Van Ingen, “Et si la Terre nous parlait ?”, et cela m’a profondément marqué, parce que j’y ai retrouvé, presque mot pour mot, les intuitions auxquelles nous arrivons aujourd’hui chez OpenFlow.
Toutes ces notions que nous explorons — les cycles, l’harmonie, le lien au vivant, le travail sur soi — les peuples racines les vivent depuis toujours, et cela nous invite à beaucoup d’humilité.
J’aimerais terminer en insistant sur un point important à mon sens
OpenFlow est une entreprise d’un nouveau genre, avec l’ambition d’entreprendre, de créer de la valeur utile et d’agir dans la société
Concrètement, nous cherchons à aider les personnes à prendre conscience de ce qui se joue, à travailler sur elles-mêmes pour se sentir plus alignées et plus sereines, puis, si l’élan est là, à agir dans le monde en s’appuyant sur ses talents de cœur.
Nous cherchons ainsi à être une entreprise régénérative, centrée sur la régénération de l’humain et du collectif, avec cette conviction simple : si l’humain se transforme, ce qu’il crée se transforme aussi.
Et avant de vouloir transformer les entreprises ou la société, nous essayons d’abord de nous appliquer cela à nous-mêmes, avec humilité, avec des erreurs, avec des apprentissages.
OpenFlow peut parfois sembler non conventionnel, voire flou, dans un cadre d’entreprise plus traditionnel. Mais face aux défis actuels, il devient essentiel de repenser ce que signifie produire, agir, créer de la valeur.
Qu’est-ce que produire, au fond ?
Qu’est-ce que “faire” ?
Quelle place donnons-nous au “être” dans la création de valeur ?
Dans certaines sociétés anciennes, les actions contribuaient à la communauté tout en respectant l’harmonie du groupe et du vivant. N’est-ce pas, finalement, ce que toute entreprise devrait viser : créer une valeur réellement utile, plutôt que produire pour produire ?
Si vous deviez repartir avec quelques éléments ce soir, ce seraient peut-être ceux-ci :
Que ce dont Frederika va nous parler — ces sagesses du vivant, ces équilibres, cette manière d’habiter le monde — peut s’incarner concrètement dans nos vies, dans nos organisations, dans nos projets.
Que le monde que nous observons est, en partie, le reflet de qui nous sommes, et que les déséquilibres extérieurs font écho à des déséquilibres intérieurs.
Que si nous voulons contribuer à autre chose, cela commence par un travail sur soi, se vit dans le collectif, et peut ensuite s’incarner dans l’action.
Chez OpenFlow, c’est exactement ce que nous essayons de faire.
Nous nous voyons comme une entreprise qui régénère l’humain, les collectifs et les projets :
un espace de recherche et développement à travers ce laboratoire vivant,
une gouvernance que nous expérimentons,
et des projets concrets qui prennent forme dans le monde.
Cela se traduit par des conférences comme celle de ce soir, des ateliers, de l’accompagnement de dirigeants, d’organisations et de personnes, mais aussi par un réseau d’entraide et de solidarité.
Et lorsque le sens s’en fait sentir, et que la valeur utile pour la société est là, nous faisons émerger des projets.
OpenFlow, c’est donc à la fois un espace de transformation… et un espace d’action.
Et c’est ouvert.
Chacun et chacune est bienvenu pour venir découvrir, échanger, expérimenter, et voir si cela résonne.
Alors ce soir, je vous invite simplement à écouter, peut-être un peu différemment, avec moins de mental et plus de présence, et à vous laisser toucher par cette question :
Et si la Terre nous parlait déjà ?
Réconcilier l’être et le faire : le pari d’OpenFlow