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Quand le monde devient le miroir de nos peurs (partie 5)

Quand le doute devient chemin - Partie 5. Trump, Poutine, populisme… et si ces figures n’étaient pas seulement des anomalies, mais des miroirs grossissants de peurs collectives non intégrées ? Un regard inconfortable mais nécessaire sur notre tendance à projeter le mal à l’extérieur plutôt qu’à le reconnaître en nous.
25 janvier 2026 par
Olivier Wenin OpenFlow
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À un moment de mon cheminement, je me suis posé une question qui dérange, et que j’ai longtemps évitée.

Et si ce que je vois comme “le problème du monde” parlait aussi de moi ?

Non pas pour nier la réalité de la violence, de la pauvreté, des injustices.

Non pas pour relativiser la souffrance réelle.

Mais pour interroger le filtre à travers lequel je regarde tout cela.

Dans la voie du Tao, on dit que le monde n’est ni bon ni mauvais.

Il est mouvement.

Flux.

Transformation permanente.

Ce sont nos peurs, nos attachements et nos refus qui figent ce mouvement en catégories rigides.

Quand je regarde le monde et que je ne vois que ce qui va mal, je peux me demander :

qu’est-ce que cela touche en moi ?

Car deux personnes peuvent regarder la même réalité et ne pas voir la même chose.

L’une verra la violence.

L’autre verra la peur derrière la violence.

Une troisième verra une tentative maladroite de reprendre du contrôle.

Ce n’est pas que l’une a raison et l’autre tort.

C’est qu’elles ne regardent pas depuis le même endroit intérieur.

Dans le taoïsme, on retrouve cette idée simple et puissante :

ce que tu refuses de voir en toi, tu le verras amplifié à l’extérieur.

Ce n’est pas une punition.

C’est une invitation.

Quand une énergie n’est pas reconnue intérieurement, elle cherche un autre endroit pour s’exprimer.

Et souvent, cet endroit, c’est “le monde”.

Je me suis rendu compte que plus je refusais certaines parts de moi — la colère, la peur, le besoin de contrôle, la fatigue, le doute — plus je les voyais partout ailleurs.

Dans les autres.

Dans la société.

Dans les décisions politiques.

Dans les débats publics.

Et plus je les voyais à l’extérieur, plus je me sentais impuissant.

C’est là que la projection devient un piège.

Je projette ce que je ne veux pas reconnaître.

Puis je me bats contre cette projection.

Et je m’épuise dans un combat qui ne peut pas être gagné.

Le Tao propose une autre posture.

Il ne s’agit pas de nier ce qui se passe.

Il ne s’agit pas de se désengager.

Il s’agit de changer l’endroit depuis lequel je regarde.

Quand j’intègre mes propres ombres, le monde ne devient pas soudainement parfait.

Mais il cesse d’être uniquement un champ de bataille intérieur.

Je vois moins d’ennemis.

Plus de tensions.

Moins de coupables.

Plus de déséquilibres.

Et surtout, je redeviens acteur là où j’avais perdu de la prise.

Dans OpenFlow, je l’ai vécu très concrètement.

Quand je regarde une absence de réponse comme un rejet, cela me touche personnellement.

Quand je la regarde comme un mouvement — une énergie qui n’est pas disponible maintenant — je reste en lien sans me contracter.

Quand je vois des personnes “amorphes”, je peux y projeter de la passivité, un manque d’engagement.

Ou je peux me demander ce que cette immobilité vient réveiller en moi :

mon impatience, mon besoin de reconnaissance, ma peur de perdre le sens.

Le monde extérieur devient alors un miroir.

Non pas pour me juger.

Mais pour m’indiquer où quelque chose cherche à être vu.

Et c’est souvent à cet endroit-là que le doute change de nature.

Il ne me dit plus : “Tu fais mal”.

Il me dit : “Regarde plus profondément”.

Olivier Wenin OpenFlow 25 janvier 2026
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