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Pauvreté : Dialogue au-delà des clivages Comprendre ce qui nous sépare pour retrouver ce qui nous unit

Pauvreté, richesse… et ce que cela vient travailler en nous
12 février 2026 par
Pauvreté :  Dialogue au-delà des clivages  Comprendre ce qui nous sépare pour retrouver ce qui nous unit
Flow Solutions, Olivier Wenin
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Mardi 10 février 2026 au soir, lors de la conférence, quelque chose m’a marqué.

Pas seulement les chiffres.

Pas seulement les concepts.

Mais le cadre. Le lieu était beau. Accueillant. Soigné.

Et Christine a commencé par cela : "offrir du beau n’est pas un luxe dans la lutte contre la pauvreté. C’est un acte politique. Trop souvent, on donne les restes: les restes alimentaires, les restes budgétaires, les restes de temps, les vieux livres pour les enfants qui ont déjà moins que les autres.

Or, si l’on veut lutter contre la pauvreté, c’est l’inverse qu’il faut faire : mettre le maximum là où les manques ont été les plus profonds.

Et ça, ça vient nous parler directement.

La pauvreté abîme

Ce n’est pas qu’une question de revenus. La pauvreté abîme le corps, la confiance,a capacité à se projeter, la manière dont on se regarde soi-même.

On ne sort pas d’un traumatisme en traversant la rue. On ne reconstruit pas une vie en six mois.

Prendre soin demande du temps, et du cadre.

Cela m’a touché parce que, dans OpenFlow, nous parlons souvent d’alignement, de posture, de responsabilité. Mais une posture ne se décrète pas.

Elle émerge quand un environnement sécurisant existe.

La résilience n’est pas individuelle.

Elle est collective.

Personne ne se fait tout seul

La méritocratie est confortable, elle nous rassure, elle nous permet de croire que si nous avons réussi, c’est uniquement grâce à nos efforts. 

Mais la question miroir posée hier est dérangeante : quelle part de ma trajectoire tient à mon mérite, et quelle part tient à mon point de départ ? Famille. Codes culturels. Sécurité matérielle. Réseau.

Dans OpenFlow, nous parlons de richesse relationnelle.

Hier, j’ai compris à quel point elle est structurante dès l’enfance.

Et à quel point ceux qui démarrent sans ces codes doivent d’abord reconstruire des fondations invisibles.

Les indicateurs ne sont pas neutres

Changer un seuil statistique double le nombre de “pauvres”. Rien ne change dans la réalité.

Mais tout change dans le regard. Cela m’a frappé : nous mesurons le revenu, mais nous parlons peu d’espérance de vie en bonne santé, peu de santé mentale, peu d’accès réel aux droits. 

Dans OpenFlow aussi, la question est la même : qu’est-ce que nous mesurons comme “réussite” ? Le chiffre ? La croissance ? Ou la qualité du lien et la transformation intérieure ?

Nos indicateurs sont déjà des choix politiques.

Il n’y a pas de “bons” et de “mauvais” pauvres

Le bon pauvre, c’est celui qui souffre comme il faut. Le mauvais pauvre, c’est celui qui dérange.

Addiction ? Mauvais pauvre.

Colère ? Mauvais pauvre.

Trajectoire complexe ? Mauvais pauvre.

Mais riche et addict ?

Pour eux, on parle de fragilité, de santé mentale. 

Cette asymétrie dit beaucoup de notre rapport au mérite.

Et j’ai senti mardi que cela nous traverse aussi.Nous projetons parfois nos propres efforts sur les autres : 

“Moi je me bats.”

“Moi je travaille.”

“Moi je contribue.”

Mais que savons-nous réellement du parcours de celui que nous jugeons ?

Le droit à l’aisance

Ce mot m’a marqué. Pas le droit au luxe, le droit de ne plus avoir la peur au ventre en permanence: logement, alimentation, santé, enseignement, mobilité, télécommunications.

Quand ces bases sont sécurisées, l’énergie peut enfin servir à vivre.

Sinon, elle sert uniquement à survivre.

Dans OpenFlow, si nous parlons d’économie harmonieuse, alors nous devons nous poser la question : créons-nous des espaces d’aisance intérieure ? ou des espaces où l’on performe, même subtilement ?

L’action associative ne suffit pas

Les associations locales prennent soin, elles accompagnent, elles réparent.

Mais sans réforme structurelle, nous colmatons sans transformer.

La question systémique est revenue sans cesse hier :

  • le statut de cohabitant,
  • l’impossibilité de rebondir après l’endettement,
  • les pièges à l’emploi,
  • l’absence de faillite personnelle,
  • les inégalités d’accès au logement.

Prendre soin sans agir politiquement, c’est réparer ce que le système continue de produire.

Et cela nous interroge. Nous qui parlons de gouvernance, de modèles économiques,

de circulation de l’argent.

Ce que cela change pour nous, entredonneurs

Je repars avec une conviction renforcée : la pauvreté est une rupture de liens, la richesse est une qualité de liens.

Si nous voulons contribuer à une économie harmonieuse, alors notre responsabilité est triple :

  1. Travailler sur notre propre regard (mérite, jugement, projection).
  2. Créer des cadres sécurisants où les talents peuvent émerger.
  3. Ne pas oublier le niveau structurel et politique.

OpenFlow n’est pas un outil de lutte contre la pauvreté.

Mais nous expérimentons un autre rapport :

  • à la valeur,
  • à la contribution,
  • au don et au contre-don,
  • à la dignité.

Et peut-être que la question la plus honnête reste celle-ci : dans ma manière d’entreprendre, est-ce que je contribue à sécuriser les bases…ou à renforcer la pression ?

C’est inconfortable.

Mais c’est là que le travail commence.

  

Pauvreté :  Dialogue au-delà des clivages  Comprendre ce qui nous sépare pour retrouver ce qui nous unit
Flow Solutions, Olivier Wenin 12 février 2026
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